PRINCIPES ROSICRUCIENS SUR L'ÉDUCATION DES ENFANTS
par Max Heindel



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THE ROSICRUCIAN FELLOWSHIP

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TABLE DES MATIERES

1. Les trois étapes de la croissance...................................121

2. Hérédité et problèmes de l'enfance..................................135

3. Causes de la mortalité infantile....................................139

4. L'astrologie et l'enfant............................................143

5. Un exemple..........................................................147




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CHAPITRE I - LES TROIS ÉTAPES DE LA CROISSANCE

Il n'existe peut-être pas de sujet plus important que celui de l'éducation des enfants. Tout d'abord, des parents avisés, désireux de donner à l'enfant tous les avantages possibles, commencent, avant sa naissance , avant même la conception, à penser instamment à la tâche qu'ils vont entreprendre. Ils ont soin de veiller à ce que l'union qui doit aboutir à la conception ait lieu sous les influences stellaires propices, quand la Lune traverse des signes qui favorisent la construction d'un corps sain et vigoureux, leurs propres corps se trouvant dans les meilleures conditions physiques, morales et mentales possibles.

Tout le temps que dure la période de gestation, ils entretiennent constamment devant leur esprit l'image d'une vie fructueuse et utile pour l'entité qui va venir. Quand l'enfant est né, aussitôt que possible, ils établissent son thème astrologique, car des parents avisés sont aussi astrologues . Cependant s'ils ne savent pas eux-mêmes calculer le thème de l'enfant, ils pourront du moins étudier les signes stellaires, ce qui leur permettra de comprendre les explications de l'astrologue. En aucun cas, ils ne consulteront un astrologue professionnel

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qui avilit son savoir en le vendant. Ils rechercheront l'assistance d'un astrologue spiritualiste, même si cela leur prend du temps pour le trouver.

Le thème astrologique révélera les points forts et les points faibles du caractère et du tempérament de l'enfant. Les parents seront mieux en mesure d'encourager les bonnes tendances et de corriger les mauvaises avant qu'elles ne se transforment en défauts ou même en vices. Ils aideront ainsi l'Ego, venu chez eux, sur la voie du progrès.

Il est bon de se rappeler que ce que nous appelons communément "naissance" n'est que l'apparition du corps physique, lequel atteint son développement dans un temps bien plus court que ne le font les véhicules invisibles. En effet, ce corps physique évolue depuis beaucoup plus longtemps que les autres. De même que, pendant tout le temps que dure la gestation, le foetus est protégé dans le sein de la mère contre les impacts du monde extérieur, les véhicules subtils de l'enfant sont protégés jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à maturité et en état de supporter les conditions du monde visible.

Durant les premières années, les forces qui agissent sur le pôle négatif de l'éther réflecteur sont extrêmement actives. Les plus purs de nos enfants sont aujourd'hui clairvoyants, tant qu'ils demeurent dans un état d'innocence exempte de péché. Les Lémuriens, qui étaient encore purs et innocents, possédaient eux aussi une faculté de perception intérieure qui ne leur donnait qu'une idée vague de la forme extérieure d'un objet quelconque, mais qui illuminait d'autant plus brillamment sa nature intime, sa qualité d'âme, au moyen d'une faculté de perception spirituelle, née d'une innocente pureté. Il en est de même des enfants qui, dans leurs premières années, peuvent "voir" les mondes supérieurs. Ils racontent souvent leurs visions, mais les moqueries de leurs aînés et la perspective d'une punition les empêchent bien souvent de persévérer dans ce que les parents considèrent comme des histoires de leur invention.

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Il est déplorable que les petits soient obligés de mentir, ou tout du moins de taire la vérité, à cause de l'incrédulité de leurs "raisonnables" aînés. Les investigations de la Société de recherches psychiques ont prouvé que les jeunes enfants ont souvent des camarades de jeux invisibles, qui les accompagnent pendant plusieurs années. A ce moment, la clairvoyance de l'enfant a le même caractère négatif que celle des médiums.

Il en est de même des forces qui sont actives dans le corps du désir. Le sentiment passif de douleur physique est présent, alors que le sentiment d'émotion est presque complètement absent. L'enfant manifeste, bien entendu, de l'émotion pour la moindre des choses, mais cette émotion est de courte durée; elle est toute de surface.

Ainsi, nous constatons que toutes les qualités négatives existent chez le nouveau-né, mais avant de pouvoir faire usage de ses divers véhicules, il faut qu'il en développe les qualités positives.

L'enfant possède aussi un intellect, mais il est presque incapable d'activité intellectuelle personnelle.

Etant surtout soumis aux forces agissant par le pôle négatif de l'intellect, il est facile à éduquer, grâce à sa faculté d'imitation.

Ainsi que nous l'avons vu, le processus de la naissance n'est pas achevé lorsque le petit corps de l'enfant vient au monde. Comme l'esprit a construit de nombreux corps physiques, il peut les construire rapidement, mais l'homme a acquis le corps vital plus tard. C'est pour cette raison que nous ne sommes pas aussi experts pour construire ce corps. En conséquence, il faut un temps plus long pour former ce corps à partir de matériaux mis en réserve à cet effet, et il ne naît que vers la septième année, à l'époque de la seconde dentition. Le corps du désir ne vient s'ajouter que plus tard, autour de la quatorzième année, au moment de la puberté. Quand à l'intellect, qui fait de l'homme un homme, il ne naît qu'à la vingt et unième année. C'est l'âge légal requis pour le droit de vote dans la plupart des pays (jusqu'à l'adoption de lois fixant cet âge à 18 ans).

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DE ZÉRO À SEPT ANS

En ce qui concerne l'influence de la naissance des divers véhicules dans la vie de l'enfant, nous pouvons dire que, bien que les organes aient déjà été formés durant le temps précédant la naissance, c'est de zéro à sept ans que sont déterminées les lignes de croissance du corps physique. Les organes sensoriels prennent certaines formes définies qui leur donnent leurs structures de base et déterminent leur orientation dans une direction ou une autre. Ils grandissent plus tard, mais leur développement suit les voies tracées pendant ces sept premières années , et les fautes ou occasions négligées ne pourront jamais être réparées par la suite. Si membres et organes ont pris des formes justes, l'ensemble après sa croissance sera harmonieux, mais si une malformation s'est produite, le petit corps sera plus ou moins difforme. C'est le devoir des parents de donner à l'enfant le milieu qui lui convient pendant cette période, comme le fait la nature avant la naissance, car cela seul peut donner à cet organisme sensible une direction et une croissance correctes.

Comme le son est le créateur de toutes choses, grandes ou petites, il est facile de comprendre que le rythme doit avoir une influence importante sur la croissance d'un petit organisme d'enfant. Au premier chapitre de son Evangile, l'Apôtre Jean exprime cette idée mystique en paroles admirables: "Au commencement était le Verbe (...) et sans lui rien n'a été fait (...) et le Verbe s'est fait chair". Le Verbe est un son rythmé, prononcé par le Créateur, qui a retenti dans tout l'Univers, assemblant des millions d'atomes dans l'infinité de formes diverses que nous voyons autour de nous. La montagne, la pâquerette, la souris et l'homme sont tous des incarnations de ce grand Verbe cosmique qui continue à vibrer dans tout l'univers et ne cesse de construire, bien que nos oreilles ne l'entendent pas. Mais, malgré notre insensibilité à cette merveilleuse sonorité céleste, nous pouvons employer la musique terrestre qui agira sur le petit corps de l'enfant. Certaines chansons

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enfantines n'ont aucun sens, mais elles sont très rythmées et, plus souvent l'enfant apprendra à chanter et répéter la chanson en dansant et en marchant, plus la musique fera partie de sa vie.

Deux mots d'ordre s'appliquent à cette période, l'un à l'enfant et l'autre aux parents: IMITATION ET EXEMPLE. Aucune créature n'est plus imitative que le petit enfant, et sa conduite ultérieure dépendra largement des exemples donnés par les parents dans son jeune âge. Tout, dans l'entourage de l'enfant, laisse son impression en bien ou en mal, et nous devrions nous rendre compte que le plus petit de nos actes peut faire un bien ou un mal incalculable dans la vie de nos enfants. Nous ne devrions jamais, en présence de l'enfant , faire un geste que nous ne voudrions pas le voir imiter .

Il est inutile de lui dire de "ne pas faire attention" ou de moraliser durant cette période, car il n'a ni mental, ni raison; l'exemple est le seul maître dont il ait besoin et qu'il écoute. Il ne peut pas plus s'empêcher d'imiter que l'eau de descendre la pente, car c'est là sa seule méthode de développement, à cette époque de sa vie. L'enseignement de la morale et de la raison vient plus tard; mais utiliser ce système d'éducation à ce moment-là ressemblerait au fait de sortir un enfant du sein maternel avant terme. Si l'on essayait d'arracher de force un bébé du sein maternel, il en résulterait la mort, car le foetus ne serait pas parvenu à une maturité suffisante pour affronter le monde physique.

Durant les trois périodes de sept ans qui suivent la naissance, les véhicules correspondants sont encore dans le sein de Mère Nature. Si nous demandons au petit enfant de faire l'effort d'apprendre par coeur ou de réfléchir, ou bien si nous éveillons ses sentiments, nous déchirons en quelque sorte l'enveloppe protectrice de la Nature, ce qui est aussi désastreux à certains égards qu'une naissance prématurée forcée. Habituellement, les enfants prodiges deviennent des adultes d'une intelligence inférieure à la moyenne. Nous ne devons pas empêcher l'enfant d'apprendre ou de penser de sa propre volonté , mais il ne faut pas l'aiguillonner comme le font certains parents pour flatter leur propre orgueil. Tout ce que l'enfant doit acquérir comme pensées,

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idées et imagination doit venir de lui-même , comme les yeux et les oreilles qui se sont développées avant la naissance du corps dense.

Il faut donner à l'enfant des jouets sur lesquels il puisse exercer sa faculté d'imitation; quelque chose de vivant, ou bien une poupée articulée qui puisse être mise en différentes positions, et que l'enfant habillera lui-même; de cette façon, il exerce sa volonté créatrice de la bonne manière. Donnez aux garçons des outils et des modèles, des moules et de la pâte à modeler. Ne leur donnez jamais rien de fini , où ils n'aient rien à faire que de regarder: cela ne donnerait au cerveau aucune chance de se développer; or, à cette époque, l'objet des soins et le but de l'éducateur doivent être de fournir à l'enfant les moyens de développer harmonieusement ses organes physiques.

En ce qui concerne la nourriture, il faut en prendre bien soin pendant cette période, car l'appétit sera bon ou mauvais pendant toute la vie, selon la manière dont il aura été développé pendant le premier septénaire. Ici aussi, l'exemple est un grand maître. Des plats trop assaisonnés abîment l'organisme; plus la nourriture est simple et exige une mastication prolongée, plus elle développe un robuste appétit qui guidera l'adulte à travers la vie et lui donnera une santé corporelle et une tranquillité d'esprit inconnues du gourmand. De toute façon, évitons d'avoir un plat pour nous-mêmes et un autre pour nos enfants. Nous pouvons les empêcher d'en manger à la maison, mais nous créons une envie qui cherchera sa satisfaction quand l'enfant sera assez âgé pour avoir sa volonté personnelle: c'est alors que s'affirmera la faculté d'imitation. Par conséquent, les parents doivent se rappeler du matin jusqu'au soir que des regards attentifs sont fixés sur eux, n'attendent que leurs agissements pour suivre leur exemple.

En ce qui concerne les vêtements, il faut toujours s'assurer que l'habillement de l'enfant ait bien la taille voulue, et le remplacer avant qu'il ne devienne trop étroit et le gêne. Nombre de tendances immorales qui ont gâché une vie ont été d'abord éveillées par le frottement de vêtements trop petits, particulièrement chez les garçons. L'immoralité est une des plaies les plus graves et des plus tenaces de notre civilisation. Pour

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sauvegarder nos enfants, nous devons y faire très attention, et chercher par tous les moyens à garder l'enfant inconscient de ses organes sexuels jusqu'à sa septième année. Les punitions corporelles sont aussi un facteur extrêmement important de renforcement de la nature sexuelle (laquelle dépasse peut-être déjà le pouvoir de l'adolescent) et l'on ne saurait trop les déplorer.

Quant à la formation du caractère, il est certain que les couleurs ont la plus grande importance, bien qu'en la matière il faille non seulement connaître les effets des couleurs, mais plus particulièrement ceux des couleurs complémentaires , car ce ces dernières qui agissent dans l'organisme de l'enfant.

DE SEPT À QUATORZE ANS

Vers la septième année, le corps vital de l'enfant a acquis une perfection suffisante pour lui permettre de prendre contact avec le monde extérieur. Il quitte sa gaine protectrice d'éther et commence sa vie libre. Vient alors le temps où l'éducateur peut travailler sur le corps vital et aider à former mémoire , conscience , bonne habitudes et une constitution harmonieuse . Dès ce moment, AUTORITÉ ET INSTRUCTION sont les mots d'ordre de cette période où l'enfant doit apprendre la signification des choses. Dans la première époque, il apprend que les choses existent, mais il ne faut pas l'ennuyer avec ce qu'elles signifient, sauf dans ce qu'il glane lui-même. Dans cette seconde époque, au contraire, il est nécessaire que l'enfant apprenne la signification des choses, mais il doit apprendre à les admettre selon l'autorité des parents et des maîtres, en fixant leurs explications dans sa mémoire plutôt qu'en raisonnant lui-même.

Si l'enfant est précoce, il est inutile de le pousser dans des études qui demandent de la réflexion. Les enfants prodiges deviennent souvent des adultes d'intelligence au-dessous de la moyenne. Pour ses études, il faudrait laisser l'enfant suivre sa propre inclination et développer chez lui la faculté d'observation en lui présentant, autant que possible, des exemples vivants. Qu'il regarde un jour un ivrogne et voie dans quel état son vice a

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pu le réduire. Qu'il fréquente des gens vertueux dont il admirera le bel idéal. Et que la conduite de ses parents soit telle qu'il ne puisse mettre en doute la moindre de leurs paroles, ni contester leur autorité.

Vers la fin de cette période, il sera bon de préparer l'enfant à se rendre maître de la force qui va s'éveiller en lui et qui le rendra bientôt capable de reproduire son espèce. Cédant à une timidité bien mal placée, les parents se dérobent souvent à la responsabilité qui leur incombe de l'instruire sur ces questions. C'est une devoir et une obligation pour les parents d'éclairer convenablement l'enfant. Ne pas le faire serait comme le placer, les yeux bandés, parmi d'innombrables pièges, en lui recommandant de n'y pas tomber. Arrachez au moins le bandeau, l'enfant sera suffisamment handicapé sans lui.

Une fleur pourra être choisie comme sujet de la leçon, et le processus de la procréation présenté sous la forme d'un conte de fée. Du plus petit jusqu'au plus grand, il n'est pas d'enfant qui ne tire profit d'un enseignement de ce genre. Sans qu'il soit nécessaires de s'embarrasser de termes de botanique, on racontera aux enfants comment les fleurs sont comme des familles. La grande majorité d'entre elles ont à la fois des garçons (étamines, terminées par des anthères contenant le pollen) et des filles (carpelles surmontées par le ou les pistils). On fera remarquer les grains de pollen qui recouvrent les anthères des garçons-fleurs: ils ressemblent à tous les garçons du monde qui aiment s'aventurer dans toutes les batailles de la vie, tandis que les filles- fleurs restent à la maison. On montrera aux enfant les pattes des abeilles chargées de pollen. Elles transportent, tels des coursiers ailés, les petits garçons-fleurs qui vont comme ces chevaliers d'antan à la recherche des jolies princesses endormies dans un château magique (l'ovule caché dans les carpelles). Le grain de pollen, la fleur-chevalier, s'ouvre un chemin à travers le pistil et pénètre dans l'ovule, ce qui veut dire que la princesse et le chevalier sont mariés et qu'ils deviennent les heureux parents de beaucoup de filles-fleurs et de garçons-fleurs.

Lorsqu'ils auront bien compris cette leçon, les enfants comprendront d'eux- mêmes la génération chez les animaux comme chez les hommes, car il n'y a entre eux aucune différence. L'acte est aussi pur, aussi chaste

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et aussi sacré chez les uns que chez les autres, et l'enfant instruit de cette manière conservera toujours un profond respect pour la fonction de reproduction, qui ne pourrait lui être mieux présentée.

Cette narration peut être variée et embellie selon la fantaisie de l'éducateur et peut, plus tard, être augmentée d'histoires d'oiseaux et d'autres animaux. Elle éveillera chez l'enfant une compréhension de la genèse de son propre corps, qui revêtira l'histoire d'amour de papa et maman de toute la poésie des garçons et filles-fleurs; elle s'opposera ainsi à la moindre pensée de discrédit touchant la naissance dans l'esprit de l'enfant. Ainsi équipé, l'enfant sera bien fortifié, au moment de la puberté, lors de la naissance de son corps du désir.

Cependant, pour que l'enfant tire le meilleur profit de l'instruction que lui donnent parents et maîtres, il est naturellement nécessaire qu'il ait la plus grande vénération pour eux et de l'admiration pour leur savoir. Il faut donc que nous nous comportions d'une manière telle qu'il puisse toujours conserver ces sentiments, car s'il voit en nous de la frivolité, s'il entend parler légèrement et observe en nous une conduite généralement relâchée, nous le privons du meilleur soutien de l'effort dans la vie; la foi et la confiance dans les autres . C'est à cet âge que se font les désabusés et les sceptiques. Nous sommes responsables devant Dieu des vies confiées à nos soins, et nous aurons à répondre devant la loi de cause à effet si nous négligeons, par nonchalance, l'occasion qui nous est donnée de guider les premiers pas d'un de nos semblables dans le droit chemin; or l'exemple est toujours meilleur que les préceptes.

La question des châtiments corporels mérite également un sérieux examen; ils agissent sur l'enfant comme un facteur important de l'éveil de sa nature passionnelle, aussi faut-il absolument les éviter. C'est un crime d'infliger des punitions corporelles à un enfant, quel que soit son âge. La force n'a jamais raison et comme les parents sont les plus forts, ils doivent toujours éprouver de la compassion pour les plus faibles. Si intraitable que soit un enfant, il n'en est pas un qui ne réponde aux gâteries offertes en récompense de ses bonnes actions

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et au refus de certains privilèges lors de ses désobéissances. Que les parents veuillent bien se mettre un instant à la place de l'enfant et qu'ils essaient donc de juger de ces choses de son point de vue. Leur serait-il agréable de vivre avec des personnes à l'autorité desquelles ils ne pourraient se soustraire? Des personnes beaucoup plus grandes qu'eux et qui les fouetteraient jour après jour? Que l'on renonce donc aux punitions corporelles et, en une seule génération, bien des maux seront supprimés de la société. Nous savons que les coups avilissent la nature du chien, et nous nous plaignons parfois des gens qui manquent de force de caractère. Ce défaut provient souvent de ce qu'ils ont été trop fouettés dans l'enfance.

Il est déplorable que certains parents s'imaginent que leur mission est de briser l'esprit de leurs enfants sous la loi du bâton. En tant que parents, nous pouvons remédier à ce mal dans une large mesure en guidant la volonté de nos enfants dans des directions indiquées par notre raison. Nous les aiderons ainsi à développer un caractère réaliste, ne se complaisant pas en chimères comme beaucoup d'entre nous. Donc, ne frappons jamais un enfant; lorsqu'une punition est nécessaire, supprimons plutôt les privilèges.

Le corps du désir de l'enfant naît à la quatorzième année, au moment de la puberté. Lorsque l'Ego a terminé son temps à l'école de la vie, la force centrifuge de répulsion lui fait rejeter à la mort son véhicule physique, puis le corps vital qui est le plus dense après lui. Ensuite, au purgatoire, la matière-désir la plus dense accumulée par l'Ego pour y incorporer ses désirs les plus vils, a été expurgée par cette force centrifuge. C'est seulement dans les mondes supérieurs que la force d'attraction domine et conserve le bien par action centripète, qui tend à tout attirer de la périphérie vers le centre. C'est aussi cette force centripète d'attraction qui gouverne pendant que l'Ego revient vers sa nouvelle naissance. Nous savons que nous pouvons jeter une pierre plus loin qu'une plume. C'est pourquoi la matière la plus dense a été rejetée à l'extérieur après la mort par la force de répulsion.

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Pour la même raison, la matière la plus dense, dans laquelle l'Ego incorpore sa tendance au mal, est projetée en tourbillons à l'intérieur , vers le centre, par la force centripète d'attraction. Résultat: à la naissance d'un enfant, tout ce qui est meilleur est le plus pur apparaît à l'extérieur.

DE QUATORZE À VINT-ET-UN ANS

Habituellement, le mal latent ne se manifeste pas avant la naissance du corps du désir, vers l'âge de quatorze ans, où les courants de ce véhicule commencent à s'épancher vers l'extérieur , venant du foie. C'est le moment où émotions et passions commencent à exercer leur pouvoir sur les jeunes gens et jeunes filles, car la gaine de matière-désir qui protégeait auparavant le corps du désir naissant a disparu. Lorsque les désirs et les émotions sont libérés, l'enfant entre dans la période la plus dangereuse de sa vie, l'ardente jeunesse, entre quatorze et vingt-et-un ans. Le corps du désir est plein de fougue, car l'intellect, qui pourrait le freiner, n'est pas encore formé. C'est là, dans la plupart des cas, un temps d'épreuve; il est donc bon, pour l'adolescent, d'avoir appris à considérer avec respect ses parents et ses maîtres, car il puisera en eux la force de résister à l'assaut des émotions. S'il a été habitué à avoir confiance en ses aînés, et s'il a reçu d'eux un enseignement sage, il aura développé à ce moment un sens intime de la vérité qui lui sera un guide sûr. Au contraire, dans la mesure même où il ne l'aura pas fait, il risquera d'aller à la dérive.

Dans ses jeunes années, l'enfant se considère plutôt comme appartenant à une famille; il est plus subordonné aux désirs de ses parents que lorsqu'il a atteint quatorze ans. En voici la raison: dans la gorge du foetus et du jeune enfant, se trouve une glande appelée thymus, très grande avant la naissance et qui diminue graduellement dans les années d'enfance pour disparaître finalement à un âge variant selon les caractéristiques de l'enfant. Les anatomistes avaient été intrigué par le fonctionnement de cet organe, mais on a suggéré qu'avant le développement des os dont la moelle est rouge, l'enfant est incapable de fabriquer son propre sang et que le thymus, en conséquence, contient une essence fournie par les parents,

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dans laquelle l'enfant puise pendant le bas âge et l'enfance, jusqu'à ce qu'il soit capable de produire son propre sang. Cette théorie correspond approximativement aux faits, et tant que le sang des parents coule dans les veines de l'enfant, il se considère comme élément de la famille et non comme un Ego. Mais aussitôt qu'il commence à produire son propre sang, l'Ego s'affirme et cesse d'être le "garçon de maman" ou la "fille de papa", car il a sa propre personnalité. Alors arrive l'âge critique où les parents récoltent ce qu'ils ont semé. L'intellect n'est pas encore né, rien ne tient en échec la nature-désir et beaucoup, vraiment beaucoup, dépend de la façon dont l'enfant a été éduqué durant ses premières années et de l'exemple que lui ont donné ses parents. A ce tournant de la vie, l'assertion du soi, le sentiment du "je suis" est plus fort qu'à n'importe quel autre moment, et l'autorité devrait céder la place au CONSEIL. C'est maintenant qu'il faut lui apprendre à étudier les choses par lui-même et à se former ainsi des opinions personnelles. Pénétrons-le de la nécessité d'un examen approfondi avant tout jugement et aussi du fait que plus il gardera de mobilité à ses opinions, mieux il sera capable d'étudier des faits nouveaux et d'acquérir des notions nouvelles.

Pendant la période de l'adolescence, les parents devront pratiquer la plus grande tolérance, car à aucune période de l'existence l'être humain ne ressent davantage ce besoin de sympathie que durant les sept années de quatorze à vingt-et-un ans, pendant lesquelles la nature-désir est puissante et non dominée. A ce moment, il sera bon pour l'enfant d'avoir été élevé dans les meilleures conditions mentionnées, car il trouvera auprès de ses parents un appui solide, une ancre de salut, qui l'aideront dans cette traversée orageuse jusqu'à l'arrivée au port où il sera doté d'un intellect qui fera de lui un homme complet, vers vingt-et-un ans.

Ainsi, nous avons suivi l'esprit humain autour du cycle de la vie, à partir de la mort jusqu'à une nouvelle naissance, puis à la maturité; nous savons que des lois immuables le gouvernent à chaque pas et qu'il est toujours sous la sauvegarde des grands et glorieux Ministres de Dieu. Cette connaissance est de la plus

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grande importance pour les parents, car elle fait comprendre correctement le développement qui doit avoir lieu à chaque période septénaire. Elle leur permettra de travailler d'une façon intelligente avec la nature et de mieux remplir leur devoir d'éducateurs que ceux qui ignorent les enseignements Rosicruciens.

 

 

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